Le Saut du Doubs, le Châtelard, le Châtelot

Publié le 3 Juin 2009

Petite randonnée familiale dans les gorges du Doubs, entre le célèbre Saut et le barrage du Châtelot, en passant par le Mont Châtelard qui domine le bassin artificiel.

Départ du parking du Saut du Doubs, au lieu-dit « Les Vions » (Commune de Villers-le-Lac).

Le circuit emprunte des sentiers bien balisés (double trait jaune/bleu et GR5 sur les rives de la retenue) et aux indications claires.

    

La Montée au Châtelard

 
vue sur le Saut du DoubsAu départ des Vions (alt.785m), emprunter le tronçon de sentier commun au saut du Doubs et au Châtelard. L’accès à ce dernier est proposé soit par Moron (2h15), soit en accès direct (1h05).
C’est donc dès la prochaine bifurcation que l’on suivra l’itinéraire direct, en continuant un bout de chemin sur la route avant de prendre le chemin forestier de l’épingle suivante...
Encore un peu de descente avant de remonter au niveau d’un sentier en balcon.

 
La rumeur d’une chute d’eau occupe l’espace, et bientôt un point de vue nous laisse en entrevoir la source... ou plutôt le saut : le Doubs, gonflé par les dernières pluies, se jette d’une belle force dans sa vasque bouillonnante...
Le sentier reprend son cours sur le flanc de la côte. Après un contour, le silence reprend soudainement ses aises... La sente devient pente et s’élève assez rapidement vers les pâtures « des Jeantey ». De puissantes effluves animales nous laissent penser que l’on passe à proximité d’un gîte... renard, chevreuil, chamois ?

 

  

Quelques centaines de mètres seulement à l’horizontale et en lisière... À nouveau sous le couvert, le chemin rejoint une piste forestière que l’on quitte rapidement pour le dernier effort à l’assaut du Châtelard.

 

Au point haut de notre randonnée, le belvédère nous fait plonger dans le Creux de Moron, haute falaise en arc de cercle, fermé en aval par les rochers du Châtelot, et en amont par ceux d’Entreroche.

Un peu plus loin, vers l’ouest, on devine le lit supérieur qui précède le saut du Doubs, et les méandres du lac naturel de Chaillexon où, au détour d’un promontoire, s’éclipse une vedette touristique...

  

   

Le Barrage du Châtelot

 
Un chemin de crête boisée fait suite au point culminant, et redescend tranquillement vers une aire de débardage où la nature n’a pas encore eu le temps de reprendre ses droits... d’autant que la route forestière d’accès a été bétonnée dans sa partie la plus raide.
S’en suit une longue descente au flanc du Châtelard. Au premier carrefour, il faut continuer la descente, à gauche à angle obtus. A l’arrivée à celui du Moron, un choix s’impose : retour direct sur le saut du Doubs, ou aller/retour sur le barrage du Châtelot...

  

A mon sens, ce serait dommage de rentrer tout de suite...

alors suivez-moi donc jusqu’au pied de ce monument !
Le sentier longe tranquillement la rive gauche du bassin de retenue.

Au bout d’un petit quart d’heure, une éclatante blancheur accroche le regard :

ce sont les rochers de la cluse du Châtelot que la rivière a érodés il y a bien longtemps déjà,

pour s’y faufiler... Et c’est à cette cluse qu’il y a une soixantaine d’années,

les hommes ont eu l’idée d’édifier un barrage... 

  
Le voilà, justement : ce sont les basses eaux : sa crête émerge d’au moins deux mètres au-dessus du plan d’eau. Calme. Étrange de penser que derrière...

 
Passons la cluse donc, et descendons de quelques lacets et jusqu’au point bas du sentier, en suivant le balisage 33. Là en bas, on ne peut rester indifférent devant la haute muraille sombre.

  
Admiration, oppression...

Derrière ce mur de béton haut de 74 mètres et de (seulement) 7 mètres d’épaisseur à sa base

et 2 à son couronnement, 20 millions de m3 d’eau nous dominent !

  

Dans le creux de Moron

 
dans le Creux de MoronAprès quelques instants de contemplation ou de méditation, il est temps de revenir sur nos pas : après la bifurcation d’où nous avons opté pour cette visite, on rejoint Moron.

Lieu-dit qui rappelle qu’avant le barrage, il y avait là un hameau du Pissoux, une cinquantaine de mètres plus bas que la surface du calme miroir, au bord de la rivière libre et cascadante qu’était le Doubs... C’est aujourd’hui le « village des pêcheurs ».
Le sentier va désormais suivre sagement la rive gauche du bassin, le dominant d’une dizaine de mètres. La falaise du Creux de Moron s’y reflète, et l’on y devine, en face et au même niveau que nous, le tracé du sentier pédestre helvète.
Une grotte affleure au-dessus de l’eau, mais au vu de la bande sombre qui marque sur deux mètres le bas des rochers, son entrée doit être noyée quand le réservoir est plein.
Une barque et son pêcheur, immobiles, attendent patiemment l’une des rares prises de la journée...

  

 

 

Le cirque rocheux s’abaisse, en amont, et semble tout à coup plonger dans ce reflet qu’il transperce d’une pointe rocheuse...

 

C’est la cluse d’Entreroche : un anticlinal dressé qui ferme l’aval de la gorge de Moron.

 

porte taillée d'Entreroche 

 

 

 

Un chemin et une porte y ont été taillés.

Au bord du chemin, la dalle lisse glisse abruptement dans l’eau.

 
          Entreroche : rocher de l'écho

Une centaine de mètres après ce passage, on traverse le lit d’un torrent temporaire.

Là, ce serait dommage de ne pas faire une halte acoustique et ludique :

le rocher triangulaire de la cluse, merveilleux mur de théâtre antique,

renvoie en écho jusqu’au moindre chuchotement...

Essayez donc : joyeux intermède garanti !

  

Le Saut du Doubs

 
Quelques hectomètres encore, et la rumeur du Saut enfle à nouveau. L’effort de la grimpette vers le belvédère supérieur sera largement récompensé par le spectacle offert. On renoue à cette occasion avec le bain de foule (et tout ce qui va avec, tranchant brutalement avec la quiétude de la randonnée).

 
Petit crochet par le belvédère inférieur, juste là où la rivière tombe de son lit...

les 27 mètres de chute justifiant le grognement de la réception !

(Le Saut du Doubs est le rebord d’un barrage naturel créé par un éboulement il y a environ 12000 ans)

 

      

Une demi-heure (ou un peu plus, selon les pauses effectuées aux différents kiosques touristiques)

et 150 m de dénivellation positive plus tard, la boucle est bouclée : nous voici sur le parking...

 


 

Distance estimée : 11,5 km
Dénivelé cumulé montant : 490 m
Temps estimé : 4 à 5 h
N°carte IGN 1:25000 : 3524 OT

 

 

Randonnée réalisée le 26 octobre 2008

 

 

 

Rédigé par eustache

Publié dans #Randonnée

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Valentine :0056: 19/07/2011 18:16



Merci Eustache ! Tu as fait ce que je n'ai pu faire...



Jocelyne 09/08/2009 01:06

Bonsoir, Je pars dans le Haut-Doubs le 20 aout prochain (durée 4 jours : deux à Nans sous St Anne et deux aux Fournets Luisans, en chambre d'hotes ), et je pensais faire entre autre, la rando due Mont Chatelard, que je ne connais pas. Seul, le barrage du Chatelot a été vu l'année dernière, du mauvais côté, celui qui est tant oppressant... Je découvre maintenant le Moron et cette belle ouverture dans la roche...ce qui me donne encore plus envie de faire cette rando. Le Pissoux : j'ai lu dernièrement un roman historique qui se passe à cet endroit là : Jean Baptiste : Pionnier du Haut-Doubs. (le parcours des aieux de l'auteur en ce lieu )  

eustache 09/08/2009 08:38


Bonjour Jo,

Nans Sous Sainte Anne est un excellent choix (village de ma grand-mère) !

Bon séjour et bonne rando !

Merci pour l'info sur le roman : je vais me renseigner mieux.

Au plaisir de te lire sur ton blog naissant !


FAYE 03/06/2009 12:48

belle rando. Je connais le saut du Doubs, j'aimerai y retourner. Par contre le barrage  est très impressionnant . vouglans me glace ! je crains beaucoup cette retenue d'eau. ce jour dans la presse locale, la retenue de vouglans est très basse. les turbines sont arrêtées par manque d'eau.Merci de cette baladePerrine 

eustache 03/06/2009 14:48



Dire qu'au moment de sa mis en service (au début des années 50) et de l'ouverture d'une vanne de trop-plein, le barrage du Châtelot s'est mis à vibrer sous les coups de boutoirs occasionnés par
une erreur technique, jusqu'à mettre en péril ses fondations !


Le phénomène qui se reproduisait au moment des crues est à l'époque devenue une curiosité touristique !