Le Sentier des Falaises - St-Hippolyte (Doubs)
Publié le 19 Mai 2009
La bourgade de St-Hippolyte, nichée au confluent du Doubs et du Dessoubre,
est couronnée au nord par une longue falaise qui se prolonge vers l’est.
Voici une randonnée d'une douzaine de kilomètres qui nous hisse des rives du Doubs
jusqu'au rebord de ses falaises, à la découverte de quelques uns
des plus spectaculaires trésors naturels de notre région.
Depuis le parking commun au petit supermarché et à l’école Maternelle (ancienne gare),
il faut suivre le balisage bleu et jaune qui s’engage entre les deux bâtiments,
puis longer la D121 qui remonte à gauche, en direction de Montécheroux.
A la Chapelle du Mont (où nous surprenons une vipère qui paressait sur les graviers chauds),
un premier point de vue nous fait découvrir St-Hippolyte lové au creux des vallées.
Après les maisons de Rosières, il faut s’engager sur le chemin de terre à gauche, malgré le balisage en croix qui annonce une « mauvaise direction » (le balisage a plus été conçu pour faire la boucle dans l’autre sens).
Le chemin s’engage dans les pâtures sous la falaise, puis alterne sous-bois et ouverture sur la vallée. Il monte tranquillement en direction de Liebvillers. Dans la forêt, on passe à proximité d’une tufière qui allonge progressivement son cône fait de gours successifs.
A Noirçure, il arrive que l’on puisse apercevoir une harde de chèvres sauvages,
mais plus sûrement quelques chevaux.
Le chemin carrossable redescend en direction de la ferme des Sillots,
mais nous bifurquons avant, sur un rude sentier qui nous conduit
à l’un des plus beaux sites naturels de Franche-Comté (pas moins) :
la formidable arche naturelle des Beaumes Berceau,
accompagnée de son abri sous-roche plus connus sous l’appellation « la Grotte du Bisontin ».
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L’abri sous-roche, profond de dix-huit mètres et large de sept, n’a livré que peu de vestiges paléontologiques (quelques restes d’ours des cavernes,bouquetins et rennes).
Il aurait été occupé à deux époques préhistoriques différentes, durant l’Aurignacien (-25000 ans) et le Magdalénien (-12000 ans) : Quelques outils y ont été retrouvés (grattoir, couteau-grattoir, aiguille en os, grattoir-burin, perçoir)
L’abri porte aussi le nom de « Grotte du
Bisontin », car une légende
raconte qu’un contrebandier originaire de Besançon y entreposait ses marchandises.
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Le sentier continue le long de la falaise par la droite, puis se hisse jusqu’à son couronnement,
laissant admirer au passage, quelques vues sur la vallée du Doubs, Bief, les Terres-de-Chaux et Liebvillers.
Il longe un moment la haute clôture d’un parc à sangliers.
Au bout de celle-ci, la prudence s’impose : un petit gouffre s’ouvre au ras du sol au bas d’un rocher.
Il faut bien se fier au balisage pour gagner la crête.
Prudence toujours : pendant un kilomètre et demi, on va longer la falaise
en sous-bois, tout en profitant encore de quelques points de vue vers la vallée
ou sur l’étendue des pâturages du plateau.
Le rebord de la falaise nous offre encore une surprise, puisque nous contournons
le bassin d’effondrement d’un ancien abri sous-roche dont il ne reste que le porche, formant une seconde arche naturelle, plus modeste celle-là...
Peu avant de rejoindre le lieu-dit « Viaton », une belle terrasse rocheuse permet
de profiter pleinement de la vue sur la bourgade, et d'une pause au soleil...
A Viaton, on peut redescendre sur St-Hippolyte par la « Charrière » en vingt minutes.
Mais nous obliquons à gauche, en direction de la Grotte de la Roche (500 m en commun avec le GR5).
Le sentier herbeux rejoint le carrefour des routes de Chamesol et Montécheroux.
Nous empruntons les chemins de remembrement (tracé jaune et bleu)
jusqu’à l’orée de la forêt qui coiffe la deuxième portion de falaises.
La pelouse sèche qui occupe le rebord de la falaise
héberge une flore et une faune caractéristiques.
Nous avons la chance d'y observer un insecte particulier :
Cheminement forestier en montagnes russes, mais avec de nombreuses échappées sur la vallée du Doubs.
Avec prudence, nous nous approchons d’un belvédère (attention ce n’est pas sécurisé !) qui domine
le cirque rocheux de la Grotte de la Roche.
Derrière une aiguille de calcaire, on devine l’entrée de l’immense porche de la cavité.
Une cascade invisible se fait entendre.
Un peu plus loin sur le sentier, c'est cette fois une couleuvre à collier qui prend le soleil...
cette fois-ci, elle n'a pas le temps de se sauver avant la mise en boîte !
Au lieu-dit « les Baraques », nous redescendons à travers les pâtures puis
jusqu’au GRP du Tour du pays de Montbéliard.
Nous cheminons à nouveau en forêt, toujours en descente, lorsqu’un panneau blasonné
« d'azur à la croix d'argent, cantonnée de quatre annelets d'or »
nous invite à une dernière ascension :
Nous sommes au pied du Château de la Roche.
Après le contournement d’un gros bloc de rocher, éboulé en 2004,
nous arrivons sur les premiers vestiges du château.
Contre la paroi de l’éperon rocheux, un soubassement de mur est adossé.
Il s’agit des écuries de l’ancienne forteresse.
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Le Château de la Roche était l’un des rares château troglodytes de la région. Construit par les Comtes de la Roche, entre les XIe et XIIe siècles, il n’apparaît pas dans les textes. Situé à l’écart des routes, son rôle ne se conçoit que comme un refuge. Il a été rasé sous les ordres de Louis XIV.
Il comprenait deux bâtiments, séparés par une cour et un fossé. Le premier, flanqué de deux tours rondes, mesurait environ trois mètres de largeur et fermait complètement l'entrée de la grotte. Le second formait le corps principal de l'édifice, et comptait quatre pièces : une cuisine, un poêle et deux chambres, le tout sur une largeur de six mètres.
Une échelle qui partait d’une ouverture dans le toit, permettait de gagner directement le poste de guet, placé à gauche de l’entrée, à une trentaine de mètres du sol.
Aujourd'hui il ne reste quasiment rien de la première muraille, et seulement quelques pierres de l'écurie, située plus en aval. Le poste de guet paraît mieux conservé pour la simple raison qu’il est inaccessible sans matériel d’escalade..
Le refuge de la roche englobait la vaste caverne qui s’étend au-delà des fortifications et qui elle pouvait abriter une population très importante. Au fond de la vaste galerie, on accède directement à une rivière souterraine.
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Porche de la Grotte de la Roche
Au fond de la grotte
Munis d'une bonne lampe frontale, il est aisé de parcourir la centaine de mètres
jusqu'au fond de la galerie. Sur la gauche s'ouvre le boyau qui mène à la rivière souterraine.
Extraordinaires impressions que de cheminer dans cette immense tunnel !
A mi-pente de la re-descente en direction du sentier de randonnée principal,
nous continuons sur le sentier qui longe la falaise par la droite pour rejoindre,
à une centaine de mètres de là, la résurgence de la rivière souterraine.
Un moulin a dû fonctionner sur la petite chute d'eau.
Puis, nous rebroussons chemin et retrouvons le GRP
qui nous conduit un peu plus bas,
sur les ruines d'un ancien moulin
(alimenté en eau par la cascade de la résurgence vue plus haut).
Bientôt, nous franchissons deux bornes gravées (récemment) aux armes des Comtes de la Roche.
Le chemin nous ramène tranquillement sur St-Hippolyte, en passant par la ferme de la Grosse Roche,
puis à flanc de coteau entre pâtures et forêt, nous dépose au niveau du camping.
Encore cinq cents mètres pour retrouver le parking de départ...
Carte IGN 1:25000 n° 3622 OT ou 3623 OT
Temps horaire : 5 à 6 h
kilomètrage estimé : 13 km
Randonnée réalisée le 16 mai 2009









