En été 1944, il existait dans le Pays de Montbéliard, plusieurs petits groupes qui
sabotaient des ponts, des voies ferrées, des lignes électriques et téléphoniques...
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Le 11 août, le colonel Maurin commandant la sous-région militaire et son adjoint, le
capitaine Floege, décidèrent de regrouper ces résistants et d’occuper le Lomont, considéré comme « observatoire de qualité et position stratégique »
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Le 15 août, jour du débarquement en Provence, Maurin est arrêté, et
Floege, qui prendra le pseudonyme de « Commandant Paul », dirigera seul le maquis.
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Les résistants devaient s’installer entre Liebvillers et Montécheroux,
mais le 19 août, ils sont délogés par les Allemands (Lors de cette attaque les Allemands font 9 prisonniers, dont seulement 2 reviendront des camps).
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Ils se regroupent le lendemain sur le haut du Lomont, entre la Tour
Carrée et la Ferme Jonathan (Abram), sur le territoire de Montécheroux. De nouveaux arrivants viennent grossir l’effectif.
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Le 22 août, le Maquis du Lomont subit la première
attaque allemande.
Dans « Pages d’Histoire du Lomont », le Commandant
Harnisch, commandant du 3ème bataillon F.F.I. du
Lomont, décrit ainsi cette journée mémorable :
Attaque du 22 août
1944
« Le 22 août, dans la matinée, on entend dans la vallée, crépiter les mitrailleuses, et le canon tonne : les éléments précurseurs, occupés à aménager
le maquis du Lomont sur la crête Brisepoutot – Tour Carré – Ferme Jonathan, sont violemment attaqués.
La Tour Carrée
Dès 8 heures, les avant-postes sont accrochés par des fantassins allemands
qui débouchent des côtes boisées de Brisepoutot. Tout paraissait calme pourtant en cette belle matinée d’été, et rien ne présageait qu’elle fut si soudainement troublée, pas même
la visite du « mouchard » qui, vers 7 heures, survolait le maquis. Ne venait-il pas chaque jour maintenant, interrogeant les couverts...
Les premières rafales bouleversent d’un coup la quiétude du camp. Les hommes armés – tous
ne le sont pas – bondissent vers les postes de combat. Bientôt la lutte se généralise : le contact semble être pris sur tout le front nord du maquis, d’où émerge la Tour Carrée,
ouvrage militaire détaché du fort en sentinelle qui jamais ne connut la guerre, aujourd’hui point de force qui devient très vite l’objectif de l’ennemi.
Un fusil mitrailleur qui, au pied de l’ouvrage, barrait le chemin du fort du Lomont –
Pont-de-Roide par la Batterie des Roches (aujourd’hui chemin carrossable - D 124 - connu sous le nom de « chemin stratégique »), est mis hors de combat, tireur tué.
Les Allemands occupent alors la Tour Carrée ; la lutte se cristallise pour
un temps autour de ce fortin d’où l’ennemi est chassé vers onze heures.
Brisepoutot
Les pentes de Brisepoutot sont le théâtre d’une lutte acharnée ; les combattants se
glissent le long des haies et mitraillent les Allemands retranchés dans les fermes ou leurs dépendances.
Il est midi : la situation se stabilise pour un temps, dans un calme relatif.
Mais une nouvelle menace s’ébauche, qui va rapidement se préciser : des chars ont
traversé Pont-de-Roide. Ils sont signalés à Noirefontaine ; ils montent au Lomont. Ainsi l’attaque par le Nord vient de se doubler d’une attaque par le Sud : il s’agit donc bien d’une
opération sérieuse, montée par un ennemi résolu à tuer dans l’œuf le maquis du Lomont, et décidé à y mettre le prix.
La ferme Jonathan (ou ferme Abram)
Dès lors, la lutte s’intensifie : Vers 15 heures, les Allemands reprennent la Tour
Carrée, y installent une mitrailleuse lourde, dont le feu violent rase, par-delà l’étroit vallonnement qui l’en sépare, le plateau de la ferme Jonathan où se raidit la
défense.
Les chars apportent aux assaillants un renfort qui, s’appliquant au revers
du Maquis, pourrait semer le désarroi.
Le premier blindé est surpris, tourelle ouverte, à son débouché sur le plateau de
Montécheroux - Liebvillers (route de Noirefontaine), et son équipage détruit par les éléments postés sur les rochers en surplomb de la route.
Un deuxième char dépasse Montécheroux, s’engage sur la route du Lomont, tourne en rond par
deux fois et bombarde le Fort qu’il croit occupé. Cependant, la lutte atteint, entre seize et dix-sept heures, sa pointe d’intensité. Les Allemands resserrent de toutes parts leur étreinte,
atteignent « le Passage de la Douleur », accentuant rageusement leur pression.
La fusillade et la canonnade s’amplifient. Le moment est critique.
Le commandant américain (capitaine Floege), organisateur de la
défense, passe, armé d’un bazooka, et conservant son imperturbable calme, attaque un char à courte portée pour le mettre en deux coups hors de combat.
Partout se tendent les volontés, se multiplient les actes de courage et les sacrifices. Les
chars refluent, l’infanterie allemande semble hésiter.
Après dix-sept heures, sa pression se relâche sensiblement. Finalement, à six heures du
soir, l’ennemi abandonne une partie chèrement disputée, et emporte ses morts.
Cette journée du 22 août, première journée de combat, est une journée
de victoire. D’emblée, le Lomont affirme sa volonté de rester terre libérée. »
Maquis du Lomont - carte générale
