La grotte à Pierre du Bourg (Chapelle des Bois - Doubs)

Publié le 16 Septembre 2009

Pierre Pagnier du Bourg est né en 1770 dans une famille originaire de Bourg de Sirod (Jura). A 10 ans, il est orphelin. Il est d'abord vacher, puis ouvrier agricole. A 23 ans, il a le projet de se marier avec une fille du village...

  

Mais en août de cette année 1793, la Convention ordonne la levée en masse de 300000 hommes. Pierre enrôlé malgré lui sous les ordres de la République, déserte rapidement, et rejoint l'armée contre-révolutionaire et royaliste de Condé.

 

Mais la nostalgie du pays le fit à nouveau déserter. Échappant aux gendarmes qui l'avaient pris, il revint à Chapelle. Recherché et risquant la peine de mort, il se réfugia dans cette petite grotte à l'époque masquée par la végétation.

 

  

Pierre vivait du gibier qu'il prennait au collet et de fruits et racines de la forêt. L'hiver venu, il recupéra discrètement dans sa maison, outils et ustensiles afin de s'installer un peu plus "confortablement". Il offrait ses services clandestinement dans les fermes en échange de quelques bôlons* et de lait. C'est ainsi, en sauvage et solitaire qu'il vécut pendant dix ans.

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En août 1802, Napoléon accorde l'amnistie pour les crimes de désertion.

 

Pierre, que l'on croyait mort, rentra au village. Mais sa fiancée s'étant mariée entre temps, il regagna sa grotte au fond des bois.

Adapté à la vie en forêt, il en tirait sa subsistance et des produits à vendre à la ville : Il produisait de la poix à partir de la résine des épicéas et récoltait l'amadou. Habile chasseur, il vendait son gibier à Morez ou Morbier et traquait le loup dont la dépouille était primée.

   

     

   

"L'homme sauvage" était vêtu d'une tunique en peau de loup, d'une coiffure de peau de lièvre, d'une culotte de drap épais, de guêtres de peau de renard, et chaussé de gros souliers à clous. 

   

Il découvrit un jour dans la forêt, des collets qui n'étaient pas les siens. C'est ainsi qu'il fit bientôt la connaissance de Jacquet de Combe David avec qui il se lia d'amitié.

   

Et quant l'âge avançant, Pierre éprouva des difficultés à subvenir à ses besoins, c'est son ami Jacquet qui lui offrit l'hospitalité. Et c'est chez lui qu'il mourrut, le 1er janvier 1828, après trente ans de vie passés en ermite dans la forêt et la grotte à laquelle il a donné son nom : la Baume à Pira du Bou...

   

nullCoordonnées géographiques : 06°03'57" E - 45°36'47" N

   

   

* bôlon ou baulon : dans le Haut-Jura, petit pain d'orge consistant cuit et séché au four après la fournée du pain. Utilisé pour tremper la soupe. 

       

Rédigé par eustache

Publié dans #Patrimoine

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FELIPE 23/09/2009 13:05


Très émouvant cette histoire de Pierre Pagnier, un metteur en scène pourrait bien en faire un film.
Bonne journée


eilvys70 23/09/2009 08:17


Jolie histoire... Tu sauras toujours nous faire découvrir des coins méconnus !!!
Eilvys70


Jocelyne 19/09/2009 22:26

Tu en connais des coins perdus et bien cachés Eustache. Et toujours très impressionnée, par le travail et les documents apportés au sujet. Elle est très belle l'histoire de Pierre !

Sophie 18/09/2009 10:09

Très belle histoire....et de magnifiques photos

faye 16/09/2009 19:42

Non je n'y suis pas descendue, je crains le vide surtout avec une échelle pas très solide. Mescollègues de la Ste HNC quelques uns y sont descendus. Ne t'aventure pas seule.Bonne soirée fraîche !Perrine