Histoire de vieilles pierres : Château Villain (Bourg de Sirod - 39)

Publié le 20 Février 2009

5 octobre 2008

   

En vadrouille sur les cantons des Planches-en-Montagne et de Champagnole, je me suis retrouvée de bon matin sur les hauteurs de Bourg-de-Sirod (Bourc eud'Siro !), devant la porte fortifiée de Richebourg

  

  

Autrefois on passait à Richebourg par cette porte fortifiée

pour gagner le Val de Sirod et les montagnes de la Suisse.

 

C'était pour les convois venant de Lons-Le-Saunier et Salins,

la voie du sel. Ici on payait la protection du seigneur et la gabelle. 

    

   

Je me suis empressée d'y payer mon Ain-Pôt... (j'ai glissé mon obole dans une anfractuosité du rocher, mais ceci est une autre histoire...)

   

 

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Au panneau d'information, j'ai obliqué à gauche, sur un chemin (non balisé) au milieu de la pelouse sèche. Le sentier grimpe régulièrement en suivant la crête qui conduit à l'éperon barré.

  

Un mouvement attire mon regard, à une centaine de mètres devant moi :

c'est un chamois qui traverse tranquillement le passage.

 

   

Euh, non : deux chamois ! Trois, cinq, dix, finalement une bonne douzaine !

Indifférents à ma présence, ils s'installent sur la pelouse, au bord de la falaise.

Précautionneusement, je me remets en route, sur la pointe des pieds. Puis plus hardiment. Ça n'a pas l'air de les déranger...

  

Pas plus que l'homme que j'aperçois, en train d'allumer tranquillement une cigarette au milieu de la harde ! 

  

On avait échangé deux mots à la porte de péage. Il allait voir les chamois, comme chaque jour. Je ne pensais pas qu'il faisait partie du troupeau ! 

   

Il me présente ses "compagnons", dirigé par cette femelle qui garde un oeil sur nous, me raconte avec passion leurs habitudes, leurs comportements sociaux.... 

Naturaliste éclairé, il me renseigne sur la pelouse sèche et ses orchis, sur les papillons "apollons" qu'il faut venir admirer à la fin du printemps.

   


   

Puis, changement de sujet : Château Villain, but premier de ma balade...

   

Mon interlocuteur est non seulement naturaliste, mais aussi archéologue (en attente perpétuelle de chantier, les dotations allouées à l'archéologie étant fortement sinistrées !)... et il me propose une visite commentée du lieu ! Belle aubaine !

  

Nous remontons le sentier sur une centaine de mètres jusqu'à ce qu'il attire mon attention sur un talus surélevé sur la gauche, formant un petit plateau : c'était là que commençait le périmètre du château. On peut encore y repérer une excavation encombrée d'arbustes et de ronces, et qui était l'un des puits de la forteresse.

  

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Un peu plus loin, un joli pan de muraille : la première enceinte.

Il faut traverser un roncier pour retrouver les vestiges d'une tour carrée (portière).

  

De retour sur le sentier, après le mur d'enceinte, on se retrouve sur une nouvelle esplanade. Il faut aussi se frayer un chemin dans les fourrés pour accéder à une deuxième construction : c'est une tour à pans arrondis, munie d'un œil de bœuf en "pierre jaune de Miège".

  

   

   

C'était la portière de la deuxième enceinte.

La porte a été murée, mais une meurtrière y a été ménagée.

Très belle construction, qui représente sans nul doute l'image-type de Château-Villain.

   

Retour sur le sentier, et l'on continue la visite :

Voici l'envers de la tour arrondie et le rail vertical dans la muraille qui laisse supposer la glissière de la herse.

   

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On continue notre progression sur une espèce de rampe pavée qui, à chaque enjambée présente un "nez de marche" plus marqué : cette rampe d'accès était réglée sur le pas des chevaux.

   

   

On débouche enfin sur une vaste esplanade : le cœur de la forteresse rasée.

Sur la droite, deux grosses pierres bouchent le puits, par sécurité.

   

Il n'y a plus grand chose à voir, à cet étage colonisé par les arbres. Agréable lieu pour flâner quelques instants, aller admirer la vue sur le val de Sirod. Au pied de la falaise, au fond à gauche, on devine la rescapée des Trois Commères, et le pan de falaise verticale qui prolonge par l'arrière l'éperon barré sur lequel est bâti le château.

   

   

Plus grand chose ? Pas tout à fait quand même : un sentier descend au flanc nord de la muraille, et l'on se retrouve sous l'enceinte, à l'arrière de la forteresse.

Une porte voûtée et trois meurtrières gardent cet accès. 

  

   

Cela nous révèle que sous l'esplanade où nous étions il y a quelques instants, il existe encore quelques salles, vestiges du château. Peut-être encore la sordide prison dont mon guide m'a parlé... 

     

Le sentier qui rejoint le plateau est sur le fil de la falaise : de chaque côté, l'à pic.

Il était aisé de se défendre d'une attaque. Des pointes de carreaux d'arbalète ont été retrouvées dans ce secteur...

   

Je laisse mon guide retourner à ses obligations du jour et je flâne encore un moment dans ces lieux chargé d'Histoire

   

 

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La forteresse de Château-Villain qui dominait

Richebourg date du XIIe siècle.

   

Les seigneurs de Commercy, puis de Watteville

y ont résidé continuellement.

   

Elle a été détruite pour la reconstruction des

forges de Bourg de Sirod, incendiées en 1803.

 

 

 

Puis je descends sur le sentier qui conduit à la chapelle castrale, et reviens à mon point de départ en passant près des ruines de l'ancien village fortifié de Richebourg, abandonné vers 1940.

   

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C'est un site magique que je recommande à tous les curieux.

(et cisteurs, car j'ai fait 3 doublons sans le savoir... mais valeetiti ne m'en veut pas !)

    

A voir en compément pour des informations historiques très fournies sur Château-Villian et sur l'ensemble du canton des Planches-en-Montagne : le très beau site internet de J-M Guyon.

Rédigé par eustache

Publié dans #Patrimoine

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