Bon ça y est, je me lance dans la rando légère.
... Premier essai sur deux jours en autonomie !
J'ai longuement compulsé sur le site "randonner-leger.org", les témoignages de randonneurs de
montagne et en particulier la page sur la confection d'un abri...
Abri
"ultra"- léger :
Et j'ai essayé :
une bâche pas cher du "brico" du coin + 4 embouts de protection pour pieds de chaise + quelques bouts de cordelette + 4 sardines en alu récupérées sur ma tente du "Vieux" + mes
bâtons de rando télescopiques...
...et en quelques minutes (quand on a pris le coup ! ), voilà un abri de fortune qui a vraiment de l'allure !
Je n'ai pas trouvé la bonne taille de bâche et ça a l'air un peu juste, mais ça ira quand même bien.... Y'a plus qu'à
tester !!!
...et voilà ce que ça donne (de loin, parceque j'ai oublié d'en prendre de près!)
Charger le MULet :
Dans mon nouveau sac "ultralight", deux fois plus léger que mon vieux qu'a fait les guerres de la Réunion, du Queyras
et du Laos (là c'était pas avec moi !), j'y mets le minimum : "le plus léger, c'est ce qu'on emporte pas", dixit le site
cité ci-dessus...
Le sac de
couchage, un matelas isolant (j'ai lâché mon "confortable" autogonflant pour une simple mousse, 2X moins lourde !), la bâche et ses
accessoires, un bonnet polaire pour la nuit (eh ouais, pas si ridicules que ça nos ancêtres, avec leur bonnet de nuit : ça limite considérablement la
déperdition de chaleur durant la nuit), une veste polaire pour la soirée, un
minimum de vêtements de
rechange (si, quand même !), une housse de protection pour le sac à
dos (son abri pour la nuit - c'était a priori superflu, mais au test j'ai
eu bien fait).
Mon "fond de
sac" :
mon couteau , ma frontale, un briquet, un mini récipient en alu et sa
poignée (au cas où l'occasion ou l'envie se présente de faire un
feu), une feuille de
journal (multi usages), une cuillère en
alu (vieille, de récupération), deux tablettes de
chewing-gum (ça fera office de brosse à dent), du papier
hygiénique (juste un fond de rouleau), deux sachets de
supermarché (poubelle ou autre...)
Pharmacie et identité :
Dans des petits sacs de congélation "zipables", j'ai réparti : un minimum de pharmacie (arnica en pommade + deux ou trois
tubes de granules homéo d'urgence + une dose de désinfectant + une dose de collyre homéo + un paracétamol + du "stéristrip") + mes papiers d'identité + argent liquide.
En ce qui concerne l'alimentation
:
Pour 2 jours : 10 abricots secs + 1/3 de
tablette de chocolat noir + 3 parts de fromage + 2 parts de jambon sec salé + 2 oeufs durs + 1 part de chips + 1 pain céréales tranché (pratique et emballé) + 2 tomates + 1 yaourt & 1 banane
"petits plaisirs superflus pour un p'tit déj de luxe" + un sachet de "soupe-minute" au cas où...
En résumé : pas mal de salé pour limiter les pertes en eau, du pain pour l'apport énergétique durable,
quelques "sucres rapides", un minimum de légumes frais. Tout cela tient bien compacté dans une poche latérale... Euh non, pas les chips, tomates, banane et pain, que je case dans le tube formé
par le matelas enroulé au-dessus du sac, et les abricots secs à portée de main en poche de ceinture !
Bon, et l'eau
?
On se rend rapidement compte qu'une poche de 2 litres (vide) à glisser dans le dos du sac est deux fois plus lourde
que deux bouteilles d'un
litre d'eau minérale "riche en magnésium" (en plus ça prévient des
crampes, entre autres !)... Evidemment, c'est moins évident à caser... tant pis pour l'hérésie, ce sera dans le haut du sac... ça ira quand même !!!
Je fais le plein à chaque fois que l'occasion se présente : fontaines de villages ou de montagne, auberges...
Je me mets jamais de désinfectant et n'ai jamais été incommodée...
Et la carte
de rando ?
Ce sera une simple photocopie (couleur, pourquoi pas) sur laquelle j'ai tracé mon itinéraire prévisionnel.
Carte : 100 g / photocop A3 : 10 g !!! En plus je peux me mettre quelques anotations au
verso...
C'est tout ?
Ben pas tout à fait : mon appareil photo + un jeu de piles de rechange (si, si, ça me sert... avec les photos macro ça s'use plus vite !) + un couvre-chef (le chef, c'est moi, dis...!) + des lunettes de soleil + un bout de crayon de papier pour les anotations...
Je n'ai pas pris de :
Réchaud
: si l'occasion ou l'envie se présentent, je ferai un feu...
Ustensiles de toilette : pas de savon, pas de lingettes... Je ravitaille assez souvent en eau pour sacrifier même pas 1/4 de litre d'eau pour une
"petite douche nécessaire" et je sècherai à l'air... Pas de brosse à dents : tant pis, le chewing-gum, un brin d'herbe et un brossage au doigt feront l'affaire pour deux jours. Pas de
brosse à cheveux, de toutes façons, au bout d'une demi-heure de rando, je suis tout ébouriffée, alors un peu plus un peu moins !
Sandales : un peu de contact avec l'herbe est très agréable, et mes chaussures de rando sont assez légères pour être ré-enfilées si
besoin.
Surplus de pharmacie : genre pansements, protection solaire (Ça c'est pas bien ! Mais je n'expose plus rien... circulez !) et autres trucs que
de toutes façons je n'utilise jamais !
Montre : de toutes façon je n'en ai pas... c'est le soleil et mes besoins qui rythment ma journée...
Téléphone portable
: Je n'ai pas la télé non plus !
GPS, boussole
: Jamais perdue : un bon sens de l'observation, de l'orientation et de déduction me suffisent...
1er verdict :
Allez, on endosse !!!
Ouahhh, IMPRESSIONNANT
! C'est la première fois que j'ai l'impression de ne rien porter... et c'est pour deux jours !!!
Je n'ai rien oublié ???
2ème verdict :
Après ma traversée du Chasseral...
Le sac à dos
: Même pas senti, sauf (et encore) quand je refaisais le plein de mes deux bouteilles d'eau !
Je me suis senti pousser des ailes et ai renoué, comme par magie, avec la rando au long cours : 1300 m de
dénivelé développés sur plus de 18 km en une journée !!!
Gestion du temps
: Je l'ai pris : je l'avais ! Je me suis arrêtée quand j'ai trouvé un coin qui me plaisait et adapté au
bivouac.
L'abri : Super facile à monter. A peine juste en longueur : il faudra effectivement que je trouve une bâche de plus grandes
dimensions pour éviter de toucher le bout. Un peu de condensation (la conception de l'abri fait qu'il y a un minimum de ventilation), mais moins que la rosée déposée sur l'herbe dans la nuit .
Vite plié, ne tient pas beaucoup de place dans le sac, même si il y a mieux avec des tissus plus adaptés.
Et la
sécurité ?
J'avais besoin d'un peu d'aventure... sans vraiment prendre plus de risques.
J'ai le sentiment d'être "plus libre" (forcément, je me suis dégagée d'un poids... même si j'ai encore à faire
!)
J'ai aussi trouvé une phrase à méditer (de Freud) sur "Randonner Léger" :
Un sac lourd est un sac bourré d'angoisse...
En allégeant mon sac : je marche plus longtemps, plus "rapidement", plus "haut" avec beaucoup moins de
fatigue.
(chi va piano va sano e va lontano) (citius, altius,
fortius).
Je suis d'autant plus à l'écoute de mes besoins (boisson, alimentation, repos...) et suis plus vigilante, que je pars
seule.
Une bonne gestion de l'effort, alliée à une bonne gestion des ressources et du mental m'ont ainsi redonné la pêche
!!!
Voici d'autres éléments de réflexion concenant la sécurité en randonnant léger, sur le site coupable de m'avoir
incitée à de telles idées !!!
MUL : Marche Ultra Légère.
Je ne fais pas partie des "Ultras", mais je ne fais plus partie des "mulets" (enfin, dans un certain sens !
)
Le concept et la mise en application évolutive de la Randonnée
Légère m'ont séduite...